Télétravail des frontaliers : le guide de conformité 2026

Depuis le 1er janvier 2026, le cadre juridique du télétravail pour les frontaliers est devenu nettement plus strict, en particulier pour les employés résidant en France et travaillant en Suisse. Concrètement, de nouveaux avenants fiscaux entrent en vigueur, et l’application du droit européen en matière de sécurité sociale se renforce. 

Ces évolutions transforment le télétravail des frontaliers en enjeu de conformité majeur pour directions RH et dirigeants d’entreprises suisses. En effet, avec les contrôles automatisés, dépasser les seuils prescrits vous expose à des conséquences coûteuses. Alors, quelles sont les règles à respecter en matière de télétravail des employés frontaliers pour éviter un risque fiscal ou un basculement social ?

12 February 2026
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Ce guide vise à donner une lecture opérationnelle des règles applicables en 2026, des seuils à surveiller et des conséquences pour l’employeur suisse en cas de dépassement. De plus, nous vous proposons des solutions concrètes pour structurer ces pratiques et inscrire le suivi du télétravail dans une stratégie de gestion des talents.

Fiscalité et assurances sociales : les deux piliers du risque pour le télétravail des frontaliers

Depuis l’explosion du télétravail lié à la crise du Covid-19, la configuration du télétravail pour les frontaliers questionne. Si un employé en Suisse télétravaille depuis chez lui en France, doit-il être imposé pour son travail en France ? Et à partir de quel volume de télétravail bascule-t-il sous l’assurance sociale française ?

C’est pour clarifier cela que le cadre juridique a récemment évolué, en fixant des seuils clairs au-delà desquels l’employé frontalier doit payer des impôts et basculer sur le régime social de son pays de résidence. Pour autant, il faut impérativement distinguer le volet social et le volet fiscal pour cette question

Pourquoi fiscalité et assurances sociales doivent être traitées séparément

Une erreur fréquente des employeurs suisses consiste à considérer le télétravail des frontaliers comme un sujet unique. En réalité, il repose sur 2 cadres juridiques totalement distincts et indépendants :

Ces 2 piliers obéissent à des textes différents, impliquent des seuils distincts et répondent des autorités séparées. Un employeur peut tout à fait se trouver sous le seuil fiscal de télétravail mais dépasser le seuil social. 

Pourquoi une erreur sur un seul pilier suffit à créer un risque majeur

Les autorités européennes ont annoncé un renforcement des contrôles liés au télétravail des frontaliers à partir de 2027. Concrètement, les États européens mettront en place des échanges automatiques de données permettant de mieux identifier les situations de télétravail transfrontalier.

Pour les entreprises suisses, particulièrement concernées par le recours à des employés frontaliers, cela implique des risques financiers et administratifs importants. En effet, un dépassement mal anticipé des seuils sociaux et fiscaux peut entraîner :

Pour une ETI suisse, une erreur sur un seul salarié frontalier peut représenter plusieurs dizaines de milliers de francs,sans compter la charge administrative et le risque de contrôles ultérieurs.

Le pilier social : le seuil des 25 % à ne jamais perdre de vue

La règle européenne de base en assurances sociales pour le télétravail des frontaliers

Le volet social est régi par le règlement européen UE 883/2004, applicable à la Suisse dans le cadre de ses accords avec l’Union européenne.

Voici le principe fondamental : si un salarié exerce plus de 25 % de son temps de travail dans son pays de résidence, il bascule dans le régime de sécurité sociale de ce pays.

Ce seuil concerne l’ensemble des cotisations sociales :

Attention : dans une organisation classique, 2 jours de télétravail par semaine suffisent à s’approcher dangereusement de ce seuil, surtout avec un temps de travail annualisé.

La tolérance encadrée via le formulaire A1 (jusqu’à 49,9 %)

Depuis l’accord-cadre multilatéral fondé sur l’article 16 du règlement UE 883/2004, une dérogation encadrée est possible.

Un salarié frontalier peut rester affilié à l’AVS suisse jusqu’à 49,9 % de télétravail, à condition que :

La France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Suisse sont signataires de cet accord.

Ce qui entre réellement dans le calcul du seuil social

Voici la formule pour calculer le pourcentage de télétravail d’un employé frontalier :  

(Jours travaillés hors de Suisse ÷ total des jours travaillés effectifs) × 100

Vous devez y inclure :

Attention : Une erreur fréquente consiste à raisonner en jours hebdomadaires au lieu d’un calcul annualisé.

Seuil social pour le télétravail des frontaliers (Suisse et UE) :


  • 25 % du temps de travail
  • Jusqu’à 49,9 % avec le formulaire A1

Au-delà de ces seuils, l’employé bascule sur le système social de son pays de résidence.

Le pilier fiscal : les règles de télétravail selon le pays de résidence

Si le seuil social s’impose uniformément à la Suisse et à tous ses pays frontaliers, le seuil fiscal varie d’un pays à l’autre.

Principes fiscaux applicables au télétravail transfrontalier

Sur le plan fiscal, le télétravail est encadré par des accords bilatéraux entre la Suisse et les pays frontaliers. En principe, le salaire est imposé là où l’activité est exercée. Cela signifie que si vous travaillez depuis la France ou l’Allemagne, il est soumis à l’impôt sur le revenu de ces pays.

Pourtant, le télétravail remet directement en cause ce principe. En effet, où imposer un employé qui télétravaille pour une entreprise suisse depuis un autre pays ? C’est pour cela qu’il existe des seuils de tolérance au télétravail variables selon les pays.

Télétravail des frontaliers : tableau comparatif 2026 des seuils fiscaux par pays

Pays Seuil fiscal 2026 Logique applicable Conséquences pour l’employeur
France
  • 40 % du temps de travail annuel
  • 10 jours de mission ou formation hors de Suisse
Seuil strict Ajustement de l’impôt à la source, traçabilité fine, avenants contractuels
Italie 25 % du temps de travail Seuil strict Justification précise en cas de contrôle
Allemagne Aucun seuil Imposition au jour travaillé Suivi journalier et documentation renforcée
Autriche Aucun seuil Imposition au jour travaillé Suivi documentaire strict

France-Suisse : le cadre fiscal du télétravail en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, l’avenant à la convention fiscale franco-suisse de 1966 autorise jusqu’à 40 % de télétravail depuis la France tout en restant imposé à la source en Suisse.

Au-delà :

Bon à savoir : au-delà de 10 jours par an de mission ou de formation hors de Suisse, les jours supplémentaires sont imposés en France. Et cela, même sans dépassement du seuil fiscal.

Italie-Suisse : le cadre fiscal applicable au télétravail

Pour les salariés suisses résidant et télétravaillant en Italie, le seuil fiscal reste à 25 % du temps de travail. Au-delà, les jours télétravaillés sont donc imposés en Italie

Textes juridiques de référence :

Allemagne et Autriche : pas de cadre dédié au télétravail

Pour l’Allemagne et l’Autriche, chaque journée travaillée est imposable localement. Aucun texte ne prévoit de tolérance pour le télétravail spécifiquement.

Textes juridiques de référence :

Seuils fiscaux à ne pas dépasser pour le télétravail des frontaliers :


  • France : 40 % du temps de travail des employés ;
  • Italie : 25 % du temps de travail ;
  • Allemagne et Autriche : pas de seuil, chaque jour télétravaillé est imposé localement.

Au-delà, les jours excédentaires sont imposables localement.

Dépassement des seuils : quelles conséquences pour l’entreprise ?

Il peut arriver qu’un employé dépasse les seuils de télétravail, ce qui occasionne des conséquences administratives et financières pour l’employeur et pour le collaborateur concerné.

Redressements sociaux et basculement de régime

Dépasser le seuil social en matière de télétravail des frontaliers (25 % ou 49,9 % avec le formulaire A1) entraîne :

Complexité fiscale et risques organisationnels

Sur le plan fiscal, dépasser le seuil prescrit expose l’entreprise à :

À partir de 2027, l’échange automatique de données rend ces situations beaucoup plus facilement détectables.

Sécuriser le télétravail des frontaliers avec un SIRH adapté

Face à cette complexité, les bons outils RH peuvent grandement faciliter le suivi du télétravail des frontaliers. Un SIRH conçu pour le contexte suisse permet de sécuriser le respect des seuils grâce à :

Roger intègre nativement des spécificités locales que de nombreux logiciels étrangers gèrent mal, ce qui en fait un levier clé de conformité pour les entreprises suisses. De plus, nos outils intègrent de nombreux modules comme l’enquête de satisfaction.

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